| Infos | Détails |
|---|---|
| Nom artistique | Anastasia Bentley |
| Origines | Russo-ukrainiennes et polonaises, basée en Allemagne |
| Événement | Festival de Cannes 2026 – 79e édition |
| Album | DELULU!!!!12 |
| Créatrice de la robe | Nirupama, fondatrice de la maison INRUE (Paris) |
| Film marquant du festival | Fatherland de Paweł Pawlikowski |
| Thèmes de l’album | Instabilité affective, amour interdit, déracinement, fantasme |
Sommaire
- Une montée des marches qui ne ressemblait à aucune autre
- La robe : une œuvre à part entière
- DELULU!!!!12, l’album derrière tout ça
- Une femme entre plusieurs pays, plusieurs identités
- Cannes, le cinéma, et la suite
- FAQ
Une montée des marches qui ne ressemblait à aucune autre
Ce que tout le monde a vu, et ce que peu ont compris

Franchement, à Cannes, on en voit des tenues. Des robes signées, des bijoux qui valent une maison, des people qui savent exactement comment se placer devant les photographes. C’est le jeu, et personne ne s’en plaint. Mais là, avec Anastasia Bentley, c’était clairement autre chose.
Elle est montée ces marches en invitée du Festival, dans un contexte où Fatherland de Paweł Pawlikowski faisait déjà beaucoup parler. Un film sur l’exil, l’identité, l’Europe fracturée. Et bizarrement, sa présence à elle résonnait avec exactement ces mêmes thèmes. Pas par hasard.
Ce que j’ai trouvé fort, c’est qu’elle n’est pas venue pour juste « faire acte de présence ». Elle est venue avec une intention. Chaque détail de sa tenue, chaque choix visuel, avait été pensé en lien direct avec son album DELULU!!!!12. Monter les marches, pour elle, c’était l’aboutissement d’un projet artistique global. Pas une séance photo. Un acte.
Elle l’a dit elle-même : « Une belle robe, ce n’était pas assez. Tout le monde en a une, à Cannes. Je voulais quelque chose de chargé d’émotion, qui traduise les thèmes de l’album en langage visuel. » Et honnêtement, quand on voit le résultat, on comprend exactement ce qu’elle voulait dire.
La robe : une œuvre à part entière
Quand la mode devient un scénario émotionnel

La silhouette qu’Anastasia a portée sur le tapis rouge, c’est le fruit d’une collaboration avec Nirupama, une jeune créatrice parisienne à la tête de la maison INRUE. Ensemble, elles ont bossé pendant plusieurs semaines sur une pièce couture asymétrique. Et l’asymétrie, c’est pas un choix esthétique au hasard.
« On ne voulait pas de symétrie, parce que la symétrie nous semblait fausse émotionnellement », explique Anastasia. « Les relations destructrices ne sont jamais équilibrées. Une partie de vous sait qu’elle devrait partir, l’autre continue d’avancer vers le danger. »
Je trouve ça tellement juste. Et ça se voit dans la construction de la robe elle-même. Le corset sculptural qui structure la silhouette joue sur cette dualité. Un côté rigide, presque blindé, qui évoque le contrôle, la raison, cette envie de se protéger. Et l’autre côté, plus doux, plus vulnérable, qui laisse passer quelque chose d’intime. C’est inspiré de l’esthétique du célèbre corset de Jean Paul Gaultier, mais réinterprété ici comme une armure émotionnelle. Moins fashion, plus humain.
Les matières choisies renforcent encore tout ça :
- Dentelle Chantilly noire pour la structure et la tension
- Satin champagne pour la douceur et la vulnérabilité
- Longues franges mouvantes qui symbolisent les pensées intrusives, les souvenirs qui reviennent, ces liens dont on n’arrive pas à se détacher
Le symbole de la licorne, omniprésent dans l’univers de DELULU!!!!12, s’invite aussi dans la création. L’idéalisme, la résilience, l’envie de croire encore à la beauté même quand tout s’effondre. C’est ambitieux comme symbolique. Mais ça tient. Le processus en lui-même était une aventure. Des discussions dans des cafés parisiens, des recherches de tissus à Montmartre, des nuits à finaliser les finitions juste avant de partir pour le Festival. Certaines parties de la robe ont été terminées à la main quelques heures seulement avant le départ. Ce genre de détail, ça dit tout sur la façon dont Anastasia travaille. Rien n’est fait à moitié.
DELULU!!!!12, l’album derrière tout ça
Douze chapitres pour raconter l’instabilité
Pour comprendre pourquoi cette apparition à Cannes avait autant de sens, il faut comprendre l’album. DELULU!!!!12 n’est pas une simple collection de chansons. C’est un vrai scénario émotionnel structuré en douze chapitres. Chacun explore quelque chose de différent, mais tout est lié par un même fil : cette tension entre ce qu’on ressent et ce qu’on sait.
L’instabilité affective, l’amour interdit, le déracinement, le fantasme, la lutte intérieure entre la raison et les sentiments. C’est dense. C’est personnel. Et c’est exactement pour ça que l’apparition à Cannes n’était pas décorative. Elle était narrative.
son album DELULU!!!!12 est disponible dès maintenant
Pour Anastasia, les chansons sont déjà des scènes. Elle ne sépare pas la musique du récit visuel. Et ça, on le sent vraiment quand on écoute l’album en repensant à ce qu’elle a construit pour Cannes. Tout se répond. La robe asymétrique et les relations déséquilibrées. Le corset et le besoin de se protéger. Les franges mouvantes et les pensées qui reviennent. C’est cohérent d’un bout à l’autre.
Une femme entre plusieurs pays, plusieurs identités
Quand la géopolitique devient personnelle
Ce qui m’a vraiment touchée dans tout ce qu’Anastasia a partagé autour de cette apparition, c’est la dimension autobiographique. Elle n’est pas juste une artiste qui a fait une belle robe pour Cannes. Elle est quelqu’un qui a vécu des choses vraiment difficiles, et qui les a transformées en art.
Née dans une famille aux origines russes, ukrainiennes et polonaises, elle a construit sa vie en Allemagne. Et les années 2022-2023, avec la guerre en Ukraine, ont été pour elle une période de déstabilisation profonde. Pas seulement géopolitique. Personnelle, identitaire, émotionnelle.
« Il y avait cette étrange sensation de ne plus vraiment appartenir à un endroit précis », dit-elle. « L’idée même de « chez soi » devenait émotionnellement instable. »
Je comprends tellement cette phrase. Quand ton environnement explose, quand les frontières que tu connaissais depuis toujours deviennent des zones de guerre, tu perds quelque chose d’essentiel. Un ancrage. Et ça, ça imprègne tout ce qu’elle a écrit pendant cette période. Plusieurs titres de DELULU!!!!12 sont nés directement de ces bouleversements. C’est pas de la posture artistique. C’est de la survie mise en musique.
Cannes, le cinéma, et la suite
Une artiste qui pense en images
Ce qui est frappant avec Anastasia Bentley, c’est que Cannes n’était pas une fin en soi. C’était une étape dans quelque chose de plus grand. Pendant le Festival, elle a été particulièrement touchée par Fatherland, le film de Paweł Pawlikowski. Un film qui explore l’exil, l’identité divisée, le sentiment d’appartenance dans l’Europe d’après-guerre.
« Je me suis reconnue dans cette idée de fragmentation intérieure », dit-elle. « Quand ton environnement devient instable, ta vie émotionnelle le devient aussi. »
Ce n’est pas une coïncidence qu’elle ait été invitée dans ce contexte précis. Il y a une cohérence thématique évidente entre ce que Pawlikowski explore à l’écran et ce qu’Anastasia raconte dans sa musique. Et elle en est pleinement consciente. Elle développe actuellement plusieurs projets autour de la composition pour l’image et du sync, avec l’ambition claire d’inscrire davantage sa musique dans des univers cinématographiques.
Pour elle, le cinéma est une extension naturelle de ce qu’elle fait déjà. Les chansons sont des scènes. Les albums sont des films. Cannes était donc, logiquement, le bon endroit pour elle. Pas juste comme invitée. Comme artiste qui a sa place dans cette conversation entre image et son.
Ce qu’Anastasia Bentley a réussi à faire avec cette apparition, c’est rare. Elle a utilisé un tapis rouge comme espace d’expression artistique totale. Mode, musique, cinéma, récit de vie : tout était là, tout se répondait. Et au-delà du glamour, il y avait quelque chose de vraiment sincère. Une femme qui a traversé des années difficiles, qui a mis tout ça dans un album, et qui est montée ces marches en portant cet album littéralement sur elle.
FAQ
Pourquoi Anastasia Bentley était-elle invitée au Festival de Cannes 2026 ? Elle a été invitée dans le cadre de la 79e édition du Festival, à l’occasion de laquelle elle a fait une apparition remarquée sur le tapis rouge en lien avec la sortie de son album DELULU!!!!12.
Qui a créé la robe qu’elle portait sur le tapis rouge ? La robe a été conçue en collaboration avec Nirupama, fondatrice de la maison parisienne INRUE. Les deux femmes ont travaillé ensemble pendant plusieurs semaines pour créer une pièce couture asymétrique directement inspirée des thèmes de l’album.
C’est quoi DELULU!!!!12 ? C’est le premier album d’Anastasia Bentley, structuré en douze chapitres émotionnels. Il explore l’instabilité affective, l’amour interdit, le déracinement et la lutte intérieure entre raison et sentiment.
Quel est le lien entre sa tenue et son album ? Chaque élément visuel de la robe est une métaphore des thèmes de l’album. L’asymétrie représente les relations déséquilibrées, le corset évoque la dualité contrôle/vulnérabilité, les franges symbolisent les pensées intrusives et les souvenirs persistants.
Anastasia Bentley travaille-t-elle sur des projets cinématographiques ? Oui. Elle développe plusieurs projets liés à la composition pour l’image et au sync, avec l’ambition d’inscrire davantage sa musique dans des univers cinématographiques.





